Viva la Revolucion !

Publié le par Viviun

             Je tiens à signaler qu'à l'heure où j'écris ces lignes, en perm', deux 6ème sont en train de se faire des trucs fétichistes avec un carnet de correspondance juste sous mon nez.  Je vous jure, la jeunesse ! Mais ça n'est pas ça le plus important : aujourd'hui, il y a eu un espèce de gros bordel. Non, évidemment, pas un gros bordel comme mon esprit tordu pense toujours en premier (De toute façon, j'aurais pas pu payer l'entrée avec 50 cts et deux jetons d'autotamponneuses.), mais plutôt un énorme mouvement de foule. Je n'ai vu que la deuxième partie de l'action (oui, vu que ça s'est passé genre un quart d'heure avant treize heures, j'étais encore en train de bouffer. D'ailleurs, c'est là que je me suis fait prendre mon carnet parce que j'avais claqué mon verre un peu trop fort... Mais on peut plus chanter "Les nains sous la montagne", ici ?) , mais je vais essayer de vous raconter d'après plusieurs témoignages récueillis par mes soins. Il faut préciser aussi que Nick va bientôt mettre un article là-dessus aussi, sa version propre, donc peut-être avec une mini-BD.

             Il faisait très très beau, aujourd'hui, un gros soleil. (Je sais pas si ça a eu un effet sur la suite de l'histoire.)
            La CPE, appellons-là Mme Niouko, toute de rose vétue, genre bonbon (Pour ceux qui la connaissent pas, imaginez un croisement entre une actrice de film de fesses et... On sait pas trop quoi, en fait. D'ailleurs, pour ses habits, Nick m'a fait remarquer qu'elle ressemblait à la meuf qui prend la direction de l'école dans un des Harry Potter.), est au milieu de la cour, un peu excentrée vers le préau. Elle s'engueule avec une élève. (Là, ça diffère des sources, certains disent qu'elle a frappé l'élève, d'autres qu'elle l'a juste poussée...). Donc, la soeur de l'élève en question aime pas ça, ce qui dépasse mon entendement (Mon frère se prend une baffe par une CPE ? rien à foutre, qu'il se demerde !) et commence à ( foutre une baffe ? Là aussi c'est pas très clair.) pousser la CPE et à lui cracher dessus (Il me semble que ça c'est vrai...). Tout de suite, tous les élèves autour de l'action commencent sauter sur la CPE, à la pousser. (On m'a dit qu'il étaient 50 au bout d'une minute.) Certains lui tirent le soutif' (D'ailleurs bien rempli... : p), d'autres lui crachent dessus, la bousculent. Certains, des meufs, je crois, c'est à vérifier mais je pense que c'est vrai, lui tirent son string. (D'ailleurs le seul truc qu'a retenu Bob de ce bordel est le fait que son string est bleu.). Et comme disent les 6ème de Mme L., la prof de Français de Nick, "ils la pelotent". (<= Ceux qui ont dit ça iront loin dans la vie, je vous le dis !) Je me demande s'ils essayaient pas de... je sais pas, la foutre à poil, peut-être ? Là, Niouko commence à sentir que c'est moisi, comme plan. (Notons au passage que ceux qui ont sauté sur la CPE sont maintenant beaucoup plus. Leur nombre n'aura de cesse de croître tout au long de l'histoire...).

              Elle tente donc de se dégager et réussit à se négocier une ouverture. Elle court vers le Hall. Les pions qui surveillent la perm' attenante au Hall sentent aussi le moisi (Vous pensez bien, une CPE coursée par 80 élèves, c'est louche...); Ils décident donc de faire sortir toute la perm' avant l'heure en leur ordonnant de se barrer vite fait le plus loin possible de l'attroupement. (Peut-être une petite erreur stratégique. Ceux qui sortent de la perm' vont vite fait grossir les rangs des émeutiers. Ils auraient peut-être été plus faciles à tenir séparés.). La CPE traverse le Hall. Elle se réfugie dans son bureau.  Une dizaine (vingtaine ?) d'élève entre dans le Hall. Ils courent jusqu'au bureau de la CPE. Ils shoutent dans sa porte. (Remarquez les pions qui brillent par leur absence.). Dehors, certains lancent des petits cailloux contre la vitre de son bureau. Soudain, pour les émeutiers, le vent d'un revers se fait sentir : M. Fr., prof d'Histoire-Géo et mec d'une prof de Français du même nom, vient de sortir de la salle des profs. M. Fr. est en maillot de Rugby, les muscles saillants sous les halogènes du couloir. Derrière lui se tient M. W., prof d'Arts Plastiques de son état, qui fait vachement moins peur. Les élèves chahuteurs sentent le vent de la défaite qui s'approche. Ils ressortent tous en ordre dispersés, terrorisés.

             Les derniers élèves sortis du Hall, pions et profs ferment les portes du Hall. L'attroupement se reforme dans la cour. La cohorte d'élèves se met en branle : ils essayent d'entrer par la porte attenante au CDI. Trop tard, le personel a déjà bouclé la porte. Ils réessayent en passant par la porte près du préau. Trop tard, le personnel a eu le temps de boucler tout le batiment. Histoire de ne pas partir sur une défaite, les émeutiers courent jusqu'à la cantine. Là encore, ils rencontrent porte close. Ils décident donc de monter jusqu'à l'amphithéâtre en marchant sur les pelouses comme des grosses racailles. M. Fr. arrive. La fête est finie, tout le monde se disperse. M. L., le Principal, descend dans la cour pour essayer de faire la discipline. Il est sifflé et hué par les élèves. A la sonnerie, les pions ont bien du mal à faire aller tout le monde en cours et les 6ème-5ème, qui d'habitude peuvent aller chercher leurs sacs aux casiers tout seuls, doivent y aller avec leurs professeurs respectifs.

             Chacun monte finalement en cours. Aucun commentaire de Mme H., ma prof d'Allemand. En plein milieu du cours, on frappe à la porte. M. L. entre et nous fait un speech d'intimidation en disant qu'il y aurait dépot de plainte et qu'il y avait 8 exclus définitifs. Et blablabla et blablabla. Le Principal ressort. La prof nous avoue n'être pas au courant de l'affaire parce qu'elle discutait avec d'autres profs. On lui raconte tout. Elle est choquée et nous fait aussi un petit speech là-dessus. Un prof étant absent, je vais en perm'. Les pions sont sur les nerfs. Dix minutes après le début de la perm', une élève entre en claquant violemment la porte. Il me semble reconnaître la soeur de celle qui se serait fait frappée. Deux minutes plus tard, la CPE arrive, toujours de rose vétue (Vous avez déjà essayé de beurer un bonbon ? Je plains son mec, quand même... Ok, ok, c'est peu fin et délicat, comme blague...). Elle semble nettement moins maquillée que le matin (Je vous ai déjà dit qu'elle était toujours maquillée comme une voiture volée ?), comme si elle s'était démaquillée parce que son maquillage aurait coulé à cause de quelques petites larmes. Elle se tourne vers la nouvelle arrivante et dit d'un ton pas extèmement autoritaire : "Qui est-ce qui a claqué la porte ?". L'autre lui répond, excusez-moi mais cachez les yeux des enfants en bas âge : "Vieille pute" (Ce qui n'est peut-être pas forcément faux...Mais je ne prendrais aucune position dans cet article...). La CPE répète sans relever l'insulte. On voit que toute son autorité est partie d'un coup, comme un soufflé au fromage. La CPE repart finalement, la queue entre les jambes.

             Voilà, en gros, ce qui s'est passé. Mais les émeutiers ont fait quelques erreurs qui ont réduit d'un coup mes fantasmes de communauté autogérée anarcho-communiste : pour essayer de rentrer dans le batiment, ils auraient dû attendre la sonnerie, quand les portes sont forcément ouvertes vu que l'on doit aller en cours. De plus, ils auraient dû faire durer le mouvement au moins pendant cinq minutes après la sonnerie. Et surtout, c'était beaucoup trop bordélique. S'il y a une prochaine fois, il faudrait que cela soit mieux préparé, avec un vrai plan. et SURTOUT, une vraie idéologie, il faut que derrière il y ait des idées. Des signes de ralliement. Des hautes figures.

             En tout cas, tout ça m'a rendu nostalgique du temps, où, en primaire (en Cm2), on avait monté, avec Bob et une autre meuf, un mouvement contre l'ignoble dictature liberticide des dames de cantine. On était que 3, mais c'était un bon début... On misait sur des actions de désobéissance civile contre elles. (A l'époque j'avais déjà lu un extrait de La Désobéissance Civile de Thoreau : le moment où il dit : "Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins.".Maintenant, j'ai lu le reste...). La plupart des murs de l'école étaient déjà recouverts de notre symboles (Une croix dans un rectangle qui se dressait tel un monolithe parce que j'avais vu le monolithe dans L'Odyssée de L'Espace depuis pas longtemps, à l'époque...). Le dernier jour de Cm2 approchait à grand pas et avec lui notre coup d'éclat. Malheureusement, quelques jours avant notre dernière action, une des dames de cantine a dit : "Je sais qu'il y en a qui veulent faire quelque chose contre nous le dernier jour. Je vous jure que si vous faites ça, j'en parle à votre instituteur et ça sera tintin pour votre boum de fin d'année !". C'est là que j'ai été trahi pour la première fois de ma vie. Quand on a 9 - 10 ans, ça fait mal de voir ainsi tous ses rêves réduits à néant. On nous avait trahi, mais qui ? Qui ? Au cause de ça, la meuf, qui tenait particulièrement à la boum de fin d'année nous lâcha. A deux, Bob et moi ne pouvions plus rien faire...





Source : Plusieurs élèves dont surtout un qui a participé au mouvement de foule assez tôt, donc il y a peut-être 2-3 trucs exagérés. Pour le nombre de participants, par exemple, je les ai un peu retouché.

EDIT : Remarquez comme j'ai fait des efforts pour la presentation et la lisibilité !
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Une fois qu'on c'est lancé dans le paté de phrase pour myope, j'avoue c'est pâs mal même bien, bon admettons très bien! RESPECT
Répondre
R
Ca c'est du journalisme !Mais en tout cas, si je le compare à notre classe, j'ai l'impression, qu'en maths c'est toujours la révolution...Comment ça déjà en vacances ? Moi c'est dans 2 semaines !
Répondre
E
Et bien, contrairement au grand Nick, je préfère quand tu écris en gros, c'est moins fatiguant pour mon petit cerveau de collégienne en vacances (et oui déjà niark niark niark!)
Répondre
D
j'adore ces prémices de la révolution !
Répondre
V
Merci, grand Nick ! Sinon, non, je ne sous-entends rien ! C'est juste que... je sais pas... ca doit etre dans mon inconscient...
Répondre